La Ville de Vitrolles s'est distinguées pour ses actions menées en faveur de la transition écologique et énergétique. Crédit : Notre énergie Vitrolles.
ENGAGEMENT. La Ville de Vitrolles vient d’obtenir la troisième étoile du label Climat-Air-Energie du programme Territoire Engagé Transition Ecologique de l’ADEME. Cette distinction récompense ses actions menées en faveur d’une énergie décarbonée, de la végétalisation de ses espaces et ses projets de mobilité plus durable. Entretien avec Frédéric Izacard, adjoint du maire en charge de la Nature en ville, de la protection des espaces naturels, de la biodiversité et des risques majeurs.
Que représente l’obtention de cette troisième étoile du label Air-Climat-Energie de l’Ademe pour la Ville de Vitrolles ?
Frédéric Izacard : L’obtention de ce label, qui prend en compte des domaines très différents, prouve que nos choix sont pertinents pour faire face au réchauffement climatique. A Vitrolles, on s’applique à adopter une gestion raisonnée de la ville en accord avec le vivant. Je suis personnellement très partisan des technologies douces, des techniques que l’on tient de nos anciens. Par exemple, s’enfermer dans des bâtiments hyper-climatisés n’est pas forcément une bonne solution, il en existe d’autres. Il nous faut apprendre de la nature, de ses écosystèmes capables de fonctionner en synergie les uns avec les autres et de se réguler.
A Vitrolles, on s’applique à adopter une gestion raisonnée de la ville en accord avec le vivant. Frédéric Izacard
Quelles actions Climat-Air-Energie ont été menées par la Ville de Vitrolles pour décrocher ces trois étoiles ?
F. I. : Nous travaillons activement à maîtriser la consommation énergétique des bâtiments municipaux, à investir dans la construction de bâtiments à haute efficacité énergétique et à décarboner nos systèmes de production d’énergie. Depuis mars 2025, nous déployons une communauté d’énergie, « Notre énergie Vitrolles », aux côtés des entreprises SerenySun et Watteos. Nous produisons et consommons ainsi de l’énergie photovoltaïque renouvelable produite localement. Aujourd’hui, la quantité d’énergie produite dépasse même la quantité consommée ! J’y ai souscrit à titre personnel, aussi parce que le prix du kilowattheure est plus intéressant qu’avec un contrat EDF.
Des panneaux solaires ont été installés sur les toits de cinq groupes scolaires dans le cadre de « Notre énergie Vitrolles ». 25 autres sites communaux seront solarisés d’ici l’hiver 2027. Crédits : Notre Energie Vitrolles.
Pour les nouveaux projets d’urbanisme, nos critères de zones végétales et perméables sont de plus en plus exigeants. Ils dépassent ce que la réglementation impose car nous voulons lutter activement contre le phénomène d’îlots de chaleur urbain (ICU). En parallèle, nous menons aussi des projets de désimperméabilisation des sols dans des lieux délaissés et sur des places de parking. Nous avons également des projets de retenue collinaire pour absorber une partie des écoulements et limiter « l’effet vague » quand il y a d’importantes précipitations pluviales.
Quels autres projets Air-Climat-Energie sont prévus par la municipalité pour Vitrolles ?
F. I. : D’ici 5 ans, nous allons déployer un nouveau réseau de chaleur et de fraîcheur urbain alimenté par la géothermie, la biomasse et peut-être, la chaleur fatale, récupérée de la station d’épuration de la ville. Le réseau de chaleur que nous possédons actuellement n’alimente que quelques bâtiments autour du centre-ville et fonctionne encore avec des énergies fossiles. Notre objectif est de décarboner complètement ce réseau de chaleur et de l’étendre sur environ 20 km pour qu’il profite à plus d’habitants et d’entreprises. Nous avons d’ailleurs proposé aux communes avoisinantes de rejoindre ce futur réseau de chaleur urbain, pour réaliser des économies d’échelle. Il pourra également représenter une économie de l’ordre de 25 à 30 % pour les consommateurs, soit environ 60€ en moyenne par mois pour un foyer.
La résidence Les Ormeaux, un endroit délaissé et la place de la mairie après des travaux d’aménagements et de végétalisation menés par la ville de Vitrolles. Crédits : Villes de Vitrolles
Que faites-vous pour améliorer la qualité de l’air à Vitrolles ?
F. I. : A Vitrolles, le premier facteur qui influe sur la qualité de l’air, c’est le flux de véhicules sur l’autoroute qui traverse la ville. On a donc beaucoup travaillé sur le volet mobilité, les transports en commun, le vélo, le train… La volonté est de réduire le trafic, les nuisances sonores et la pollution atmosphérique qui y sont associées. A ce titre, le projet « Cap Horizon », mené dans la zone industrielle des Estroublans, prévoit une nouvelle plateforme de transport multimodal pour connecter les différents systèmes de mobilité (bus, vélo, voiture) de façon, aussi, à limiter l’empreinte carbone des Vitrollais.
Comment la ville de Vitrolles se prépare-t-elle à la multiplication potentielle des incendies qui affectent considérablement la qualité de l’air sous l’effet du dérèglement climatique ?
F. I. : Nous sommes dans une réflexion permanente pour mieux gérer les risques et tendre au maximum vers le risque zéro. La mairie s’occupe surtout du risque lié aux feux de forêts, majeur en cette saison. Sur ce point, un plan de gestion du plateau de Vitrolles sera voté au Conseil Municipal de septembre. Il est question de mettre progressivement en place une bande d’arbres exposée au Mistral sur le début du plateau. Cette bande serait traitée et gérée de manière à ce qu’elle puisse être facilement pénétrable par les sapeurs-pompiers et posséder un faible pouvoir calorifique en cas de feu de forêt. Le but est de pouvoir stopper un début d’incendie à cet endroit-là. On pourrait même y faire de l’écopâturage.