SANTE INTEGREE. Fin juin, l’Agence Régionale de Santé s’appuiera sur un réseau régional d’acteurs qui œuvrent dans le secteur des santés humaine, animale, environnementale et écosystèmique. La volonté ? Qu’il porte l’approche « Une Seule Santé » en région Sud pour faire émerger des solutions sanitaires intégrées dans les politiques de santé. Inspirons ! fait le point avec Thomas Margueron, son responsable du département Santé Environnement.
Qu’est-ce qui a motivé l’ARS Paca à s’emparer de l’approche « Une Seule Santé » ?
Thomas Margueron : Le dernier Plan National Santé-Environnement, le PNSE4, développe une offre de formation « Une Seule Santé » pour les professionnels et décideurs des secteurs de la santé humaine, animale, végétale et des écosystèmes. Mais au niveau régional, il n’existait pas de structure interdisciplinaire pour rassembler ces acteurs et permettre une mise en œuvre structurée de l’approche sur le territoire. Nous avons donc répondu à l’injonction gouvernementale de constituer ce réseau en région Sud, en confiant cette mission à l’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement (ARBE). Le but est de créer des synergies entre les différents acteurs pour développer une gestion plus cohérente et intégrée de la santé.
Pourquoi avoir confié cette mission à l’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement ?
T.M. : Suite à l’étude de préfiguration du réseau que nous avons confié à des consultants, il est apparu pertinent de choisir un acteur qui ne soit pas dans le secteur de la santé humaine. On évite ainsi le risque d’une démarche trop anthropocentrée. Nous avons préféré un interlocuteur spécialisé dans l’environnement et l’écologie. L’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement a une expertise forte en matière de biodiversité et possède une capacité d’animation sur les territoires qui nous paraît indispensable.
L’idée est de ne plus voir la biodiversité comme un danger susceptible d’occasionner des risques sanitaires, mais comme une alliée qui peut être bénéfique pour la santé. » Thomas Margueron
Qu’est-ce que cette approche « Une Seule Santé » va apporter à l’ARS Paca ?
T.M. : Elle va permettre de travailler dans la transversalité avec des acteurs qui ont des connaissances et une expertise dans les autres santés que la seule santé humaine. Cela permettra de détecter plus rapidement la survenue de risques sanitaires et de gagner du temps dans les procédures. Un exemple récent : plusieurs décès de chiens nous ont été signalés par un vétérinaire suite à des baignades dans un lac situé dans les Alpes. L’information est remontée jusqu’à la Préfecture et des analyses d’algues de surface ont été effectuées dans un laboratoire à Lyon. Or, l’algue incriminée se trouvait au fond de la colonne d’eau, et non en surface, ce qui faussait le diagnostic. En s’appuyant directement sur l’expertise d’un écologue spécialisé, on aurait pu gagner 15 jours de procédures.
Comment fonctionnera concrètement ce réseau régional « Une Seule Santé » sur le territoire ?
T.M. : Le 22 juin, les acteurs et structures à l’initiative du projet, à savoir, la DREAL Paca, la DRAAF Paca, Santé Publique France Paca-Corse, la Région Sud et l’ARS Paca, lanceront officiellement le réseau. Nous allons établir une programmation annuelle de thématiques en lien avec la santé globale dans le but d’enclencher l’expertise et de travailler de façon transversale entre les acteurs régionaux des santés- services de l’Etat, associations, collectivités territoriales, chercheurs, laboratoires, centres hospitaliers…Ces moments doivent leur permettre de mieux se connaître et d’encourager l’évolution des pratiques vers des modalités de travail plus intégrées. La volonté est de faire émerger des solutions d’aide à la décision, de mieux évaluer les risques et de mettre en place des mesures de gestion et d’anticipation. Quand un protocole existe, on peut réagir très vite. L’idée est de ne plus voir la biodiversité comme un danger susceptible d’occasionner des risques sanitaires, mais comme une alliée qui peut être bénéfique pour la santé.