Mobilité. En juin 2025, la Métropole Toulon Provence Méditerranée inaugurait la mise en service des arrêts de bus « Sainte-Musse A57 ». Une première innovante, vouée à inclure les transports collectifs et l’intermodalité dans un projet d’élargissement autoroutier. Au bout d’un an d’expérimentation, Grégory Audibert, Vice-Président à la Métropole TPM, dresse le bilan.
Un arrêt de bus sur l’autoroute. L’idée a pu paraître saugrenue. Voilà plus d’un an que les arrêts « Sainte-Musse A57 », qui bordent la ville de Toulon, sont en service sur l’axe autoroutier. Inauguré en juin 2025, ces haltes de bus qui font mouche en tant que première nationale, affichent un triple objectif en mobilité durable : « Désengorger le trafic sur l’A7, développer l’intermodalité entre la voiture, les bus et le train, et lutter contre un autosolisme qui atteint 88% en heure de pointe », rappelle Grégory Audybert, Vice-Président à la Métropole Toulon-Provence-Métropole (TPM). Depuis, l’initiative est portée par VINCI Autoroutes comme l’une de ses réalisations les plus inspirantes. « Comme ces arrêts sont bordés par des voies réservées aux transports collectifs (VRTC) – des anciennes bandes d’arrêt d’urgence-, ils offrent la sécurité aux usagers. Ils représentent aussi un gain de temps puisque les bus et les autocars ne doivent plus quitter l’autoroute pour s’y arrêter », commente l’élu. Un arrêt bref – de 5 à 8 secondes en moyenne – « qui rend les lignes plus performantes de 25%, même quand la circulation est dense », souligne l’élu.

110 000 voyageurs en 8 mois, un Pôle d’Echanges multimodal en devenir
Entre juillet 2025 et février 2026, les arrêts de bus autoroutiers Sainte-Musse ont accueillis quelque 110 000 voyageurs. Soit une moyenne de 500 personnes/jour. « On souhaite monter rapidement à 1 000 usagers/jour en avançant leur positionnement stratégique, qui relie directement à la gare TER, au réseau de bus et à l’hôpital » commente Grégory Audybert, qui rappelle que « le quartier de Sainte-Musse est voué à devenir un Pôle d’Echanges Multimodal (PEM) structurant pour l’est de l’agglomération ».
Citant la gare TER du quartier, les lignes de bus métropolitaines et régionales (4 lignes Mistral, 6 lignes ZOU) et les cheminements piétons et cyclables aménagés à proximité comme piliers de ce futur pôle, le Vice-Président métropolitain insiste sur le flux croissant de véhicules qu’absorbe l’A57. « Il est important de faire en sorte que les gens prennent moins leur voiture. Depuis l’élargissement de l’autoroute à 2×3 voies sur 7 kilomètres, dans chaque sens depuis la sortie est du tunnel de Toulon jusqu’à la bifurcation A57 / A570, le trafic est plus fluide. Et les arrêts de bus de Sainte-Musse y contribuent ».
Poursuivre l’amélioration des conditions de circulation entre Toulon et Cuers
Pour l’élu, il est important de poursuivre cette amélioration des conditions de circulation quand le bassin de population entre Toulon et Cuers, et plus largement dans la Vallée du Gapeau, s’élargit. « Quand l’offre en transport en commun est pertinente, les gens s’en saisissent. D’autant que nous appliquons l’un des tarifs les plus bas de France » (ndlr : 1€40 le ticket solo). Le renforcement de l’intermodalité autour de Sainte-Musse est donc au programme. Tout comme l’amélioration de la connexion avec les futurs corridors de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), qui prévoient de desservir 65 stations entre Hyères et La Garde. Ce PEM en devenir de Sainte-Musse devrait aussi s’inscrire dans le futur Service Express Régional Métropolitain (SERM), qui entend répondre aux besoins en mobilité de quelque 750 000 habitants. Et être inclus dans le réseau métropolitain des Pôles d’Echanges Multimodaux.
Des arrêts de bus autoroutiers en projet à l’aire de La Garde
« Un autre PEM est d’ailleurs en cours de concertation, toujours sur l’A57, au niveau de l’aire de La Garde, avant de bifurquer sur Hyères », dévoile Grégory Audybert. « L’idée est de l’implanter sur un terrain qui appartient à la Métropole, proche du pôle d’activité du Grand Var. Ce PEM pourrait accueillir 400 places de stationnement, des arrêts de bus, des aménagements de pistes cyclable s. Et dupliquer les arrêts de bus autoroutiers de Sainte-Musse ». Pour l’élu, les enjeux du territoire sont liés à la diminution de son impact environnemental, auquel le trafic routier participe fortement. Et de rappeler : « Un trafic moins congestionné, c’est une qualité d’air préservée, et nous savons que c’est important ». Selon les données Cigales d’AtmoSud, le trafic routier représente la première source d’émission (64%) d’oxydes d’azote (NOx), et la seconde en particules fines PM2.5 (21%) sur la Métropole Toulon Marseille-Provence.
Les arrêts de bus de l’autoroute A57 ont-ils un impact sur la qualité de l’air ?
Selon Vinci Autoroute, l’A57 à Toulon supporte environ 110 000 véhicules par jour, en moyenne annuelle, sur le tronçon de 7 km qui traverse Toulon, La Valette-du-Var et La Garde. S’il est difficile d’estimer la part réelle de conducteurs qui a abandonné sa voiture au profit des transports en commun suite à la mise en place des arrêts de bus autoroutiers, les ingénieurs d’AtmoSud se sont prêtés à une simulation, sur base des résultats d’enquêtes menées dans d’autres collectivités (dont l’Enquête usagers a’ urba‘ à Bordeaux). Résultats : sur les 500 usagers/jour, soit 1000 trajets aux arrêts de bus de l’A57, entre 30% (fourchette basse) et 44% (fourchette haute) seraient susceptibles d’avoir renoncé à leur voiture au profit des transports en commun (37% sur l’enquête de Bordeaux). Sur une distance moyenne journalière de 10 à 20 km effectués, cela représenterait entre 3 000 km (fourchette basse) et 8 800 km (fourchette haute) évités. Soit, de 117 tonnes à 342 t de Gaz à Effet de Serre non émis. De 365 kg à 1 070 kg de NOx, et de 51 kg à 150 kg de particules fines PM2.5 non répartis dans l’air. Un début encourageant !












