Neutralité carbone. La Métropole fait partie des six territoires nationaux qui expérimentent à l’échelle locale les scénarios de Transition(s) de l’ADEME pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Une expérience prospective, portée par le projet « Territoires 2050 », qui doit servir de base à l’élaboration du deuxième Plan Climat-Air-Energie de la collectivité.
« Durant l’été 2026, toutes les vulnérabilités du territoire sont apparues. Il est important de les garder en mémoire pour développer les politiques publiques dont on a besoin, notamment en matière de décarbonation ». D’emblée, Capucine Edou, vice-présidente à la Transition écologique à la Métropole Aix-Marseille-Provence, pose le cadre de la participation de la collectivité à la saison 2 des scénarios de Transition(s) de l’ADEME. « Sur la Métropole Aix-Marseille, nous avons un gros enjeu de décarbonation. L’empreinte carbone est de 10 Tonnes par habitant par an et nous devons atteindre 2 Tonnes », précise-t-elle. Comment procéder ? De la rénovation des bâtiments à la mobilité, en passant par l’adaptation de la façade littorale, sans oublier les activités économiques et industrielles, le chantier paraît colossal. Pour le préparer, l’Agence de la transition écologique a lancé le projet « Territoires 2050 ». Une étape d’expérimentation prospective multi-territoires qui vise à décliner ses quatre scénarios de décarbonation nationaux à l’échelle locale.

De la stratégie nationale bas carbone à l’émergence de scénarios territoriaux
« La saison 1 des scénarios de Transition(s) 2050 a permis d’élaborer une stratégie nationale bas carbone. La saison 2 représente sa mise en œuvre dans une approche territoriale, en proposant d’expérimenter les quatre trajectoires définies », commente Rémi Durieux, coordinateur scientifique à l’Agence de la transition écologique dans les directions régionale PACA et Exécutive Prospective Recherche. « Ces quatre scénarios sont déclinés dans six territoires de topologies différentes* pour adapter les transitions aux spécificités géographiques, agricoles et socio-économiques de chacun. Leur objectif est d’inciter à alimenter le débat public, à agir, pour aboutir sur une planification territoriale de décarbonation », poursuit-il. « A ce stade, l’exercice ne dépend plus de l’ADEME. Ce sont les collectivités qui se saisissent des scénarios, en impliquant toutes les parties prenantes, dans le but de fédérer autour d’une scénario commun ».
* L’Etablissement Public Territorial Grand Paris Sud Est Avenir (Ile-de-France), la Communauté de Communes Pays d’Evian-Vallée d’Abondance (Auvergne-Rhône-Alpes), La Communauté de Communes Maremne Adour Côte-Sud (Nouvelle Aquitaine), La Communauté Urbaine de Dunkerque (Hauts-de-France), La Métropole Aix-Marseille Provence (Provence-Alpes-Cotes-d’Azur), Le Parc Naturel Régional des Grands Causses (Occitanie)
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De la sobriété collective à la confiance dans le progrès
« Le réchauffement climatique nous place face à une réalité qui nous rattrape. Il est important d’aligner les planètes pour permettre une mise en mouvement des acteurs métropolitains dans la même direction. C’est le défi que propose «Territoires 2050 », commente Capucine Edou. Au printemps, des représentants issus des différents secteurs (industriels, économiques, associatifs), de la société civile et scientifique, et des collectivités et services d’Etat, se sont retrouvés dans le cadre d’un atelier. L’objectif : penser le devenir du territoire par grands secteurs d’activité, selon les quatre scénarios définis : sobriété, coopérations territoriales, technologies vertes, et technosolutionnisme progressiste. Quatre trajectoires distinctes vers 2050, que l’on peut résumer par la formulation d’une question : la neutralité carbone repose-t-elle sur notre capacité à changer nos modes de vie, à coopérer collectivement, à innover dans les technologies douces ? Ou à préserver nos modèles actuels en misant sur le progrès techno-solutionniste pour « réparer» nos impacts climatiques ?

Un outil pour construire le nouveau Plan Climat-Air-Energie d’Aix-Marseille-Provence
Pour répondre à cette question, les acteurs se sont saisis de quatre « objets » propres aux territoire métropolitain d’Aix-Marseille-Provence : le logement dégradé à Marseille, le devenir du quartier de la Valentine et de sa zone commerciale, l’adaptation du littoral méditerranéen, via la route des Crêtes entre Cassis et La Ciotat, la filière agricole et alimentaire dans l’arrière-pays aixois et le futur industriel de la zone Fos-Etang de Berre. « Les visites de sites réalisées ont montré que les acteurs ont des affinités avec les différents scénarios. L’objectif, c’est de les faire converger vers un scénario commun », commente encore l’élue métropolitaine. Quand les différents récits nés de ces rencontres « Territoires 2050 » ont été restitués en septembre dans le cadre d’un second atelier, « ils serviront d’outil à la Métropole pour construire son deuxième Plan Climat-Air-Energie, tout en bénéficiant, comme pour le premier, de l’accompagnent d’AtmoSud », précise Capucine Edou. Du côté de l’Ademe, les différents travaux prospectifs territoriaux devront permettre l’élaboration d’une nouvelle génération de scénarios de Transition(s) dont la publication est annoncée pour cette fin d’année 2026. La Métropole Aix-Marseille-Provence y figurera-t-elle comme un modèle inspirant ?










