Le vélo-bus scolaire de Salignac entend diminuer l'impact les polluants atmosphériques issus du trafic routier. Photo : C.M.
Le vélo-bus scolaire de Salignac entend diminuer l'impact les polluants atmosphériques issus du trafic routier. Photo : C.M.

A Salignac, des vélo-bus donnent un coup de pédale à la transition

MOBILITE. A Salignac, près de Sisteron, une quinzaine d’enfants se rend tous les matins à l’école en vélo-bus. Un ramassage scolaire gratuit pas comme les autres, où la force des jambes des jeunes passagers, couplée à une assistance électrique, remplacent les performances des véhicules thermiques. L’initiative, portée par l’association locale « Vivre avec l’école », vise à réduire les émissions de polluants pour offrir une meilleure qualité d’air aux enfants. Sa présidente, Cécile Martineau, revient sur sa genèse.

Qu’est ce qui a motivé la mise en place de ces vélo-bus à Salignac ?

Cécile Martineau : La baisse de la pollution et de l’empreinte carbone était l’un des objectifs. Avant, les parents déposaient leurs enfants à l’école en voiture. C’était la cohue et les émissions de CO2 étaient élevées. Pour les réduire, on a d’abord déployé un « Pédibus », un ramassage scolaire à pieds encadré par des bénévoles. En septembre 2024, les parents m’ont proposé de faire la même chose à vélo. J’ai d’abord refusé, pensant que c’était trop dangereux. Mais j’ai découvert les modèles de la marque Woodybus, qui me paraissaient sécurisés. En mai 2026, on a déployé deux de ces vélo-bus sur les routes pour assurer le transport des enfants inscrits à l’école élémentaire de Salignac, qui fait partie du regroupement pédagogique intercommunal (RPI). Nous avons pu en acquérir deux pour un montant de 47 000€, entièrement financés par le programme LEADER de l’Union européenne, le Conseil départemental des Alpes de Hautes-Provence, la Région Sud ainsi que des acteurs privés (Fondation du Crédit Agricole, Fondation de la Banque de France, commerces privés).

Le vélo-bus scolaire de Salignac entend diminuer l'impact les polluants atmosphériques issus du trafic routier. Photo : C.M.
Le vélo-bus scolaire de Salignac entend diminuer l’impact les polluants atmosphériques issus du trafic routier. Photo : C.M.

Quel accueil ont réservé les enfants et la population locale à ces vélo-bus ?

C. M. : Le vélo-bus a du succès. Une quarantaine d’enfants est déjà inscrite à ce nouveau ramassage scolaire. Mais seulement 16 enfants peuvent être embarqués à bord (ndlr : huit par véhicule). Les circuits planifiés ne nous permettent pas d’accepter tous les écoliers. Ceux qui participent sont très satisfaits. Ils font de l’exercice avant et après les heures de classe. Les trajets ne durent qu’une petite demi-heure, sur une distance de 3 à 4,5 km selon l’emplacement de leur domicile. Quant à la population locale, beaucoup de gens font du vélo à Salignac. Quand on les rencontre sur la route en vélo-bus, ils applaudissent ou nous font signe, le pouce en l’air. Comme le Pédibus, ce mode de transport alternatif favorise aussi le lien social. Au départ, les bénévoles ne se connaissaient pas, ils se sont rencontrés grâce au dispositif. Ce sont des gens qui ont pourtant quelque chose en commun : la pratique du vélo ou de la marche. Ce qui crée une bonne ambiance.
 

Le Pédibus et le Vélobus, nous les organisons avec une conscience écologique.« 
Cécile Martineau

Quels objectifs visez-vous grâce au déploiement de ces vélo-bus à Salignac ? 

C. M. : L’enjeu est de prendre en compte les besoins des administrés et d’évoluer vers des moyens de circulation plus doux. Pour préserver la qualité de vie et la santé de nos enfants. Le Pédibus et le vélo-bus sont organisés dans une conscience écologique. Leur mise en place nous permet de constater qu’il y a moins de voitures sur les routes, donc moins de pollution de l’air. Pour mieux couvrir le territoire, notamment la commune d’Entrepierres, nous aimerions faire l’acquisition d’un troisième véhicule. Mais nous ne pouvons pas aller au-delà, faute d’effectif. Pour le moment, nous ne comptons qu’une dizaine de chauffeurs bénévoles, souvent des personnes retraitées. Se pose aussi la question de l’emplacement pour garer ces véhicules. Actuellement, c’est la commune d’Entrepierres qui les abrite et recharge leurs motorisations électriques deux jours par semaine. Le reste du temps, ils sont hébergés par des particuliers de Salignac. Nous verrons comment évolue cette offre de mobilité alternative au fil du temps. Nous venons de l’inaugurer, l’organisation va encore évoluer.

Vers un déploiement du vélo-bus en Région Sud ?
Salignac n’est pas la seule commune de la région Sud a tester le vélo-bus comme mode de transport alternatif pour le ramassage scolaire de ses élèves. Des expérimentations ont également eu lieu de façon ponctuelle dans d’autres villes, comme Martigues et Velaux. Au global, l’initiative reste encore marginale sur le territoire. En supprimant les trajets courts et répétitifs « domicile-école » de la voiture, les vélo-bus contribuent pourtant à réduire la circulation routière et à améliorer la qualité de l’air aux abords des établissements scolaires et leurs quartiers. Le convoi cycliste remplace à lui seul plusieurs voitures souvent prises dans des embouteillages à proximité. Ces trajets domicile-école sont par ailleurs souvent réalisés avec un moteur froid, qui génère proportionnellement davantage d’émissions de polluants. Quand AtmoSud met son observatoire au services des écoles, il encourage le déploiement des vélos-bus sur un territoire où le trafic routier reste le principal émetteur d’oxydes d’azote (Nox) et le 2éme émetteur de particules fines (données AtmoSud Cigale ).


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