L'école Jacques Prévert de la ville de Lambesc est la première école de la métropole Aix-Marseille a avoir entrepris des travaux de désimperméabilisation et de renaturation. Photo : AMP
RAFRAICHISSEMENT. Depuis fin 2025, le bitume de la cour de l’école Jacques Prévert de Lambesc a laissé place à des revêtements perméables où trônent quelques dizaines d’arbres. Une opération – dont AtmoSud est partenaire – qui s’inscrit dans le programme « Vers des cours d’écoles désimperméabilisées et renaturées » de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Le point avec Capucine Edou, vice-présidente à la collectivité, élue à la Transition écologique, la Protection de l’environnement et la Lutte contre les pollutions.
L’école Jacques Prévert de Lambesc est la première école du territoire accompagnée par la métropole Aix-Marseille pour mener des actions de renaturation. Est-ce que d’autres suivront ?
Capucine Edou : Les enfants font partie des populations fragiles face à la chaleur. La Métropole Aix-Marseille-Provence a souhaité accompagner les municipalités du territoire dans le rafraîchissement des cours d’école pour réduire la formation d’îlots de chaleur. En 2024, nous avons créé le programme « Vers des cours d’écoles désimperméabilisées et renaturées ». Deux Appels à Manifestation d’Intérêt ont été lancés à l’intention des 92 communes. 43 d’entre elles ont répondu favorablement. Ces projets de désimperméabilisation et de renaturation couvrent aujourd’hui un total de 90 écoles (ndlr : 15,37 hectares pour plus de 19 000 élèves).
Le goudron a laissé place à un sol naturel désimperméabilisé et à de la végétation dans la cour d’école de Lambesc. Photo : AMP
Quelles sont les prochaines écoles inscrites dans le programme qui mèneront des actions de renaturation sur Aix-Marseille ?
L’école de Lambesc est pilote de ce programme qui a vocation à être dupliqué. Celles de Fuveau, de Septème-les-Vallons et d’Ensuès-la Redonne suivront prochainement. Le but, c’est de faire prendre conscience aux collectivités territoriales de l’importance de mener ces actions. Et qu’il est nécessaire de les envisager ensemble. Pour désimperméabiliser et revégétaliser une cour d’école, il faut compter un budget moyen de 150€ à 250€ /m². Ce qui est conséquent. C’est pourquoi les communes peuvent bénéficier d’une aide financière du Conseil départemental, du Fonds Vert et du Gemapi Sud (ndlr : Gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations), qui est une compétence métropolitaine.
Pourquoi est-ce important pour la Métropole Aix-Marseille-Provence (AMP) de s’emparer du phénomène d’îlots de chaleur ?
C. E. : La métropole Aix-Marseille-Provence est un territoire « hotspot » du phénomène d’îlots-de-chaleur urbain (ICU). La multiplication des épisodes caniculaires que l’on connaît depuis quelques années doit être considérée en fonction des caractéristiques démographiques du territoire. Il compte une part importante de populations vulnérables, comme les personnes âgées. Ou celles qui vivent dans des habitats indignes et dégradés, qui ne sont pas adaptés aux épisodes de chaleur. Nous sommes face à un problème essentiel de précarité sociale et énergétique. Les ICU sont donc un sujet de santé publique et d’habitabilité du territoire métropolitain qui demande d’intervenir de façon structurante.
Les ICU sont un sujet de santé publique et d’habitabilité du territoire métropolitain qui demande d’intervenir de façon structurante.« Capucine Edou
Quelles sont les actions menées par la métropole Aix-Marseille dans ce sens ?
En premier lieu, informer et sensibiliser la population et les acteurs locaux, notamment via des groupes de travail. Il est important que chacun, en fonction de ses compétences, puisse se saisir du sujet. Il est aussi essentiel de pouvoir localiser les îlots de chaleur. Nous le faisons grâce à des capteurs de température et d’humidité de l’air installés dans six villes : Aix, Marseille, Salon-de-Provence, Martigues, Istres et Aubagne. Ce monitoring nous permet d’avoir la connaissance et les données pour pouvoir déployer des actions. Nous avons également notre Plan Climat-Air-Energie, qu’AtmoSud accompagne dans le suivi de la qualité de l’air, qui porte le sujet.
Quels bénéfices retire la Métropole Aix-Marseille-Provence de ces actions de désimperméabilisation et de renaturation ?
C. E. : La désimperméabilisation des sols est un levier important pour lutter contre la chaleur et la création d’îlots de chaleur. Ses effets positifs sont multiples et globaux : sonores, thermiques, impact sur la gestion des eaux pluviales… Nous menons d’ailleurs des études pour mesurer ces effets, avant et après les travaux, en partenariat avec des acteurs locaux. Comme AtmoSud pour la qualité de l’air, Acoucité pour le bruit ou encore GeographR pour les données microclimatiques. Elles permettront de définir précisément les impacts positifs. Y compris sur le volet sociologique et la biodiversité. Planter des arbres profite aussi aux oiseaux, par exemple. La désimperméabilisation et la renaturation rendent les milieux urbains plus habitables, pour tout le vivant.
AtmoSud, partenaire de la renaturation de la cour d’école de Lambesc AtmoSud accompagne les opérations de désimperméabilisation et de renaturation de l’école de la ville de Lambesc en suivant les concentrations en particules fines avant et après travaux. Le but est d’évaluer l’impact de ces opérations sur la qualité de l’air. Une première campagne de mesure a été menée avant le chantier en mai-juin 2025, qui a conduit à la plantation d’arbres en décembre. Le développement d’un couvert végétal au printemps 2026 a réuni les conditions nécessaires pour une seconde campagne de mesures actuellement en cours. Le dispositif mis en œuvre repose sur des micro-capteurs NEXELEC PMO de particules fines (PM10 et PM2,5). L’un a été posé dans la cour principale « fraîcheur », l’autre sur un site témoin, dans la rue d’accès à l’école, pour comparaison. Ces mesures vont contribuer à documenter scientifiquement les effets de la végétalisation sur les microenvironnements urbains.