QUOTIDIEN. Les PFAS ou « polluants éternels » sont partout, omniprésents dans notre quotidien. Quand leur toxicité sur la santé unique tient à leur effet d’accumulation dans les organismes et l’environnement, des gestes simples du quotidien permettent de réduire notre exposition à ces polluants éternels. Inspirons ! vous partage six gestes à adopter.
* du Laboratoire de Chimie de l’Environnement d’Aix-Marseille Université (LCE)
Aérer régulièrement son intérieur
L’exposition aux polluants éternels (PFAS) présents dans l’air se produit surtout dans nos intérieurs. Autant le savoir, nos habitats sont des nids à PFAS : revêtements de fauteuils et de canapés, rideaux, tapis, vernis sur les meubles, isolants de fils et câbles électriques… Ces molécules se nichent partout et plus particulièrement dans la poussière. Nettoyer et aérer régulièrement son habitat permet donc de réduire leur concentration dans l’air que nous respirons. Des gestes qui sont particulièrement bénéfiques pour les enfants, plus proches du sol du fait de leur petite taille.

Le bon geste : ouvrir les fenêtres de son habitat plusieurs fois par jour, au moins pendant 10 minutes. Si votre logement n’est pas suffisamment aéré, les PFAS, comme les autres polluants de l’air intérieur, ont tendance à s’y accumuler. A noter cependant : aérer et ventiler son intérieur permet de diluer les polluants, pas de les éliminer. Pour les éradiquer, il sera nécessaire d’agir directement sur les sources de pollution.
Équilibrer son alimentation
Avec l’eau, la nourriture est la première source d’exposition aux PFAS. Une part qu’elle contient provient inévitablement de l’atmosphère. Selon une étude publiée par des scientifiques du Dartmouth College (États-Unis) en avril 2024, les poissons et les crustacés sont les denrées qui nous exposent le plus aux PFAS par ingestion. En particulier, aux alkyls poly et perfluorés, deux molécules spécifiques de PFAS. Pour autant, la viande (surtout le gibier), les œufs, le lait et les fruits ne sont pas en reste. Pas plus que les légumes (en particulier les légumes racine). Pour réduire la part de PFAS présente dans l’alimentation, l’Europe a adopté en janvier 2023 une norme qui impose des teneurs maximales. Elle fixe à 4,4 ng par kilo de poids par semaine, la part des quatre principaux polluants éternels (PFOS, PFOA, PFNA, PFHxS) que ne doivent pas dépasser les aliments.

Le bon geste : Equilibrer sa consommation pour réduire l’effet d’accumulation des PFAS dans notre organisme. Si l’on a l’habitude de manger du poisson trois fois par semaine, on peut par exemple réduire sa consommation à un portion hebdomadaire. Privilégier les aliments sans contenant plastique, car qui dit plastique, dit généralement PFAS.
Filtrer l’eau du robinet
A ce jour, de nombreuses communes françaises dépassent la norme européenne de référence qui rentrera en vigueur en 2026, de 100 nanogrammes/litre de PFAS dans l’eau du robinet. A cet horizon, rechercher la présence de 20 PFAS dans le distribution d’eau potable sera obligatoire. En région Sud, l’ARS Paca et la DREAL-Paca ont anticipé cette échéance réglementaire, menant depuis 2023 une campagne d’analyses prospectives de PFAS. Résultat : les réseaux investigués à ce jour en région Provence-Alpes-Côte d’Azur distribuent une eau qui respecte la limite de qualité fixée au robinet du consommateur pour la somme des 20 PFAS ciblés.

Le bon geste : consulter l’ARS Paca ou le site web du distributeur d’eau de sa commune. La plupart des distributeurs met en ligne les résultats des analyses effectuées sur son réseau. Dans le cas contraire, sante.gouv.fr propose d’accéder directement aux résultats du contrôle sanitaire réalisé par les Agences Régionales de Santé via une page spécifique.
Changer ses poêles et casseroles antiadhésives
Si l’on sait encore peu de choses sur les PFAS, leurs principales voies de contamination restent l’ingestion et l’inhalation. En raison de leurs revêtements riches en polluants éternels, les poêles et casseroles antiadhésives sont des plus contestées. Ychauffer ou cuire des aliments favoriserait en effet l’imprégnation des molécules toxiques dans les aliments. Sans oublier que les polluants éternels (PFAS) issus de ces chauffes et cuissons se retrouvent dans l’air par le biais des vapeurs et fumées qui en résultent. Selon une étude menée par UFC Que Choisir, les risques d’une exposition aux PFAS via les poêles, casseroles et autres cocottes antiadhésives ne sont pas encore clairement identifiés. Par mesure de précaution, l’association nationale des consommateurs conseille d’éviter d’utiliser les récipients antiadhésifs de cuisson qui sont rayés ou abîmés. Ils sont en effet susceptibles de laisser s’échapper davantage des substances indésirables.

Le bon geste : se séparer de ses modèles antiadhésifs s’ils sont rayés ou abîmés. Les modèles en fonte, en acier ou en inox sont des alternatives intéressantes pour les personnes qui souhaitent se séparer des matériaux antiadhésifs.
Éviter les contenants en plastique pour réchauffer au micro-ondes
Dans la même lignée, on évitera de réchauffer ses aliments au micro-ondes dans des contenants en plastique. Selon Henri Wortham, l’invité de notre podcast portant sur les PFAS , quand ces contenants sont exposés à la chaleur, le transfert des PFAS vers les aliments est également facilité. Idem concernant leur caractère volatile dans l’atmosphère, qui permet aux molécules rejetées pendant la chauffe d’être respirées avant de s’accumuler dans notre organisme, où comme dans l’environnement, elles ne parviennent pas à se dégrader. Résultat : les molécules de PFAS s’agglomèrent dans notre corps pour servir de socle à des pathologies ou des maladies potentielles ou avérées.

Le bon geste : placer ses aliments directement dans une assiette ou un bol avant de les réchauffer. Pour les inconditionnels du micro-ondes, l’Anses préconise d’éviter le réchauffage poussé qui augmente plus encore le risque de migration des substances. Autrement dit, d’opter pour moins de puissance et un temps de réchauffe plus long.
Trier ses vêtements sportifs
S’ils sont pensés pour garantir leur imperméabilité, limiter la transpiration et protéger du froid, les vêtements techniques de sport sont aussi des concentrés de PFAS. Quand les scientifiques écartent globalement leur transmission par simple contact cutané, leur impact sur la santé humaine découle essentiellement de celui laissé sur l’environnement. Les process de fabrication de ces vêtements outdoor induisent en effet des rejets massifs de molécules de PFAS dans l’air, les eaux et les sols. Soit, là où nos vaches et volailles respirent, broutent ou picorent. Là, aussi, où sont cultivés les fruits, légumes et autres céréales qui font notre alimentation.

Le bon geste : se tourner vers des alternatives, comme les vêtements sportifs fabriqués sans composants perfluorés, de plus en plus développés par les marques du genre.










